Des souris dans l'appartement : que faire
En appartement, le problème n'est presque jamais l'élimination des souris présentes : c'est la fermeture des accès. Sans colmatage, une nouvelle population arrive par les colonnes techniques en quelques semaines.
S'assurer qu'il s'agit bien de souris
La confusion avec un jeune rat change la taille des pièges, le diamètre des accès à colmater et la stratégie d'approche. Le critère le plus simple reste les déjections : 3 à 8 mm en grain de riz pour la souris, 15 à 20 mm pour le rat. La souris laisse aussi beaucoup plus de crottes, dispersées un peu partout, là où le rat marque des points de passage réguliers.
Le comportement diffère tout autant, et c'est une bonne nouvelle : la souris est curieuse. Elle explore rapidement tout objet nouveau, ce qui rend le piégeage efficace en quelques jours — alors que le rat évite plusieurs jours ce qu'il ne connaît pas.
Par où elles entrent
En appartement, l'origine est presque toujours structurelle. Inspectez dans cet ordre, lampe à la main :
- Passages de canalisations sous l'évier, derrière les toilettes, au pied du lave-linge : la cause n°1.
- Gaines techniques verticales, qui relient tous les étages et constituent l'autoroute de l'immeuble.
- Grilles d'aération déformées ou dégrafées.
- Coffres de volets roulants, souvent ouverts sur l'extérieur.
- Bas de porte palière et seuils déformés.
- Vide-ordures, quand il existe encore.
Pourquoi éviter le poison en appartement
C'est le réflexe le plus courant et le plus regrettable en logement occupé. Trois raisons convergent.
- La réglementation. Les produits contenant 0,003 % ou plus de substance active anticoagulante ne sont plus mis à disposition du grand public : leur usage est réservé aux professionnels. L'appâtage permanent est par ailleurs interdit pour les principaux anticoagulants.
- Les cadavres. Un rongeur empoisonné met plusieurs jours à mourir et regagne son abri. En appartement, cet abri est une cloison, un plancher technique ou une gaine : le cadavre est inaccessible et l'odeur dure des semaines, parfois davantage.
- Le risque domestique. Enfants et animaux de compagnie partagent le même espace que les appâts, et un chat qui consomme un rongeur intoxiqué s'intoxique à son tour.
Le piégeage mécanique n'a aucun de ces inconvénients, et il présente un avantage décisif : le résultat est visible et vérifiable. Vous savez combien de souris ont été prises, et quand cela s'arrête.
Le protocole en trois actions
Menées en même temps. Séparées, chacune échoue.
1. Supprimer la ressource
- Toutes les denrées — y compris paquets de pâtes, riz, farine, croquettes — dans des contenants rigides en verre, en métal ou en plastique dur. Le carton et le sachet plastique ne résistent pas.
- Croquettes de l'animal rangées la nuit, gamelle vidée.
- Poubelle fermée, miettes essuyées, plan de travail dégagé le soir.
- Fuites d'eau réparées.
2. Colmater les accès
- Laine d'acier ou grillage métallique fin, tassés dans les passages de canalisations, puis fixés au mastic. C'est le seul matériau qu'une souris ne ronge pas.
- Le silicone seul, la mousse expansive seule et le ruban adhésif sont percés en quelques nuits.
- Bas de porte, grilles d'aération, jonctions de plinthes : tout ce qui dépasse 6 mm.
3. Piéger
- Beaucoup de pièges plutôt qu'un ou deux : six à douze dans un appartement infesté.
- Posés perpendiculairement au mur, plaque d'appât côté mur : les souris longent les cloisons et ne traversent pas les espaces ouverts.
- Appât gras et odorant fixé au piège — beurre de cacahuète, pâte chocolatée — plutôt que du fromage, qui se décroche.
- Ne pas déplacer les pièges tous les jours : laissez-leur deux ou trois nuits au même endroit.
- Éviter les pièges à glu, qui provoquent une agonie prolongée et sont interdits ou restreints dans plusieurs contextes.
L'immeuble, dimension incontournable
Un appartement irréprochable peut être colonisé depuis une cave, un local poubelles ou le logement d'un voisin. Les souris circulent par les colonnes techniques, et le colmatage de vos propres accès, s'il vous protège, ne règle pas la source.
Signalez donc la situation au syndic ou au bailleur par écrit, en même temps que vous traitez chez vous. En location, le financement du traitement incombe au bailleur ; pour les parties communes et les réseaux, il relève du syndicat des copropriétaires. Un traitement coordonné à l'échelle de l'immeuble est le seul qui tienne dans la durée.
Questions fréquentes
Comment se débarrasser des souris dans un appartement ?
En appartement, la méthode qui fonctionne associe trois actions menées en même temps : supprimer les sources de nourriture en plaçant toutes les denrées dans des contenants rigides, colmater les accès avec de la laine d'acier ou du grillage métallique — six millimètres suffisent à une souris —, et piéger mécaniquement en posant de nombreux pièges perpendiculairement aux murs. Le poison est déconseillé en logement occupé : les cadavres restent inaccessibles dans les cloisons et l'odeur persiste plusieurs semaines.
Par où les souris entrent-elles dans un appartement ?
Principalement par les passages de canalisations sous l'évier et derrière les toilettes, les gaines techniques verticales, les grilles d'aération, les coffres de volets roulants, les bas de portes palières et les vide-ordures. En immeuble, les souris circulent d'un logement à l'autre par les colonnes techniques : un appartement propre peut être colonisé depuis un logement voisin ou depuis les caves.
Faut-il utiliser du poison contre les souris en appartement ?
C'est déconseillé pour trois raisons. Les produits à 0,003 % ou plus d'anticoagulant ne sont plus vendus au grand public et sont réservés aux professionnels. Un rongeur empoisonné meurt en plusieurs jours, souvent dans une cloison inaccessible, avec des odeurs pendant plusieurs semaines. Enfin le risque pour les enfants et les animaux domestiques est réel en logement occupé. Le piégeage donne un résultat vérifiable et immédiat.
Une seule souris signifie-t-elle qu'il y en a d'autres ?
Pas nécessairement, mais c'est probable. Une souris isolée peut entrer par opportunité, notamment en début d'automne. En revanche, des crottes fraîches en plusieurs endroits, des bruits à différents étages de la cloison ou des rongements répétés indiquent une population installée. La reproduction étant rapide, quelques semaines suffisent à transformer un individu isolé en colonie.
Qui doit payer la dératisation dans un appartement en location ?
Le bailleur, au titre de l'obligation de délivrer et de maintenir un logement exempt d'infestation d'espèces nuisibles et parasites issue de la loi ELAN. Si l'infestation provient des parties communes ou des colonnes techniques, ce qui est fréquent en immeuble, le traitement relève du syndicat des copropriétaires : le signalement au syndic est alors indispensable en parallèle.
Sources
- Règlement sanitaire départemental type — lutte contre les rongeurs — Légifrance , 2026
- Restrictions d'usage des rodenticides anticoagulants — Réglementation biocides UE 528/2012 , 2026