Des bruits dans les murs la nuit : qui est là
On ne traite pas un bruit, on traite un animal. Or cinq espèces au moins font du bruit dans les cloisons et les combles, et deux d'entre elles ne se traitent pas du tout.
En bref
Grattements fins et aigus dans une cloison, à toute saison : souris. Pas lourds et rongements graves en sous-sol : rat brun. Courses bruyantes et cris dans les combles, qui cessent d'octobre à avril : loir ou lérot, qui hibernent. Bruits lourds en combles toute l'année avec forte odeur : fouine. Froissements légers au crépuscule : chauve-souris, espèce protégée.
Le tableau qui identifie
Trois questions suffisent presque toujours : à quelle heure, à quel endroit, et le bruit s'arrête-t-il en hiver. Le tableau croise ces réponses avec ce que chaque espèce produit.
| Animal | Type de bruit | Où | Quand | Indice décisif |
|---|---|---|---|---|
| Souris | Grattements fins, rapides, aigus ; petits rongements | Cloisons, plafonds, derrière la cuisine | Nuit, toute l'année | Crottes de 3 à 8 mm dans les placards |
| Rat brun | Pas lourds, rongements graves et longs | Cave, vide sanitaire, garage, au sol | Nuit, toute l'année | Crottes de 15 à 20 mm, coulée grasse le long du mur |
| Rat noir | Courses légères, rongements | Combles, faux plafonds, en hauteur | Nuit, toute l'année | Crottes incurvées de 7 à 12 mm ; régions littorales et sud |
| Loir, lérot | Courses très sonores, cris, objets qui roulent | Combles, isolant, coffres de volets | Nuit, d'avril à octobre seulement | Silence total en hiver ; réserves de fruits ou de noix |
| Fouine | Bruits lourds, galopades, grattements puissants, cris | Combles, sous toiture | Nuit, toute l'année, pic au printemps | Forte odeur, crottes de 8 à 10 cm torsadées, restes de proies |
| Chauve-souris | Froissements légers, petits cris aigus | Derrière les volets, sous les tuiles, combles | Au crépuscule et à l'aube, de mai à septembre | Crottes friables qui s'effritent en poussière brillante |
| Oiseaux | Grattements, pépiements | Sous les tuiles, dans les gouttières, bouches d'aération | Le jour, surtout le matin | Brindilles, fientes à l'extérieur |
L'heure et la saison
Tous les rongeurs et la fouine sont nocturnes : un bruit en pleine journée désigne presque toujours un oiseau, ou un insecte social — un nid de guêpes ou de frelons dans un coffre de volet produit un bourdonnement continu, très différent d'un déplacement.
La saison est l'indice que l'on oublie. Le loir gris et le lérot hibernent pendant environ six mois, d'octobre-novembre à avril. Un grenier bruyant en août et silencieux en janvier n'abrite pas de souris — elles ne s'arrêtent jamais — mais un loir. À l'inverse, des bruits qui apparaissent en octobre, quand les températures baissent, signalent souvent l'entrée de souris ou de rats venus de l'extérieur chercher chaleur et nourriture.
Le lieu : cloison, combles ou sous-sol
- Dans une cloison ou un plafond, près de la cuisine. Souris, dans la grande majorité des cas. Elle circule dans les vides de construction et suit les gaines jusqu'aux placards. En immeuble, la cloison peut être partagée avec le voisin.
- Dans les combles. Trois candidats : loir ou lérot (saisonnier, très bruyant), fouine (toute l'année, très bruyante, odeur forte), rat noir (dans le sud et sur les littoraux surtout). Le rat brun y est rare : il grimpe peu.
- En sous-sol, cave, garage, vide sanitaire. Rat brun, ou souris. Le rat brun creuse et longe les murs ; on trouve sa coulée grasse à quelques centimètres du sol.
- Derrière un volet ou sous les tuiles de rive. Chauve-souris, ou oiseau selon l'heure.
Confirmer sans se tromper
Le bruit oriente, la trace confirme. Avant tout achat de piège ou tout appel à un professionnel, cherchez la preuve matérielle : les crottes d'abord, dont la taille identifie l'espèce ; puis les rongements, les coulées, les nids, l'odeur. Pour un grenier inaccessible, une feuille de papier ou de la farine posée près d'un accès présumé enregistre des traces de pattes en une nuit : cinq doigts longs pour un loir, quatre doigts devant et cinq derrière pour un rat ou une souris, une empreinte large avec des griffes pour une fouine.
Ce que vous avez le droit de faire, espèce par espèce
C'est le point qui justifie de ne pas se tromper d'animal : la réponse légale va de « tout » à « rien ».
- Souris, rat brun, rat noir. Aucune protection. Piégeage libre, poison encadré — voir ce que la réglementation autorise encore. La méthode qui tient est le colmatage.
- Loir gris, lérot. Ni protégés au niveau national, ni chassables, ni classés parmi les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts. Leur destruction ne relève donc d'aucun cadre légal, et aucun rodenticide n'est autorisé contre eux. La méthode reconnue est l'exclusion : repérer les accès en toiture, les fermer quand les animaux sont dehors, en fin d'automne ou au printemps avant les naissances, et jamais entre juin et septembre, période d'élevage des jeunes.
- Fouine. Espèce susceptible d'occasionner des dégâts dans les départements listés par arrêté ministériel triennal — le dernier date du 10 août 2026 —, pas dans les autres. Là où elle l'est, le propriétaire peut la repousser ou la piéger dans les conditions fixées par cet arrêté (Code de l'environnement, art. L. 427-8 et suivants), et la plupart des pièges exigent un piégeur agréé. Aucun rodenticide n'est autorisé contre elle. Partout, l'exclusion et les répulsifs odorants restent la première réponse.
- Chauve-souris. Toutes les espèces sont protégées, ainsi que leurs gîtes (arrêté du 23 avril 2007). Interdiction de les tuer, de les capturer, de les déranger ou de boucher leur accès pendant leur présence. Le réseau SOS chauves-souris de la Société française pour l'étude et la protection des mammifères conseille gratuitement les particuliers.
- Oiseaux. La plupart des espèces qui nichent sous les toits sont protégées, dont le moineau, le martinet et les hirondelles. On attend la fin de la nidification pour fermer un accès.
En immeuble : le bruit vient parfois d'ailleurs
Les colonnes techniques, les gaines et les faux plafonds propagent le son et servent de voie de circulation aux souris entre logements. Des bruits chez vous sans aucune trace — ni crotte, ni rongement, ni odeur — désignent souvent un logement voisin ou les parties communes. Le traitement passe alors par le syndic, comme nous l'expliquons dans le guide souris en appartement, et la question de qui paie est traitée dans qui paie la dératisation.
Questions fréquentes
Quel animal fait du bruit dans les murs la nuit ?
Le plus souvent une souris : grattements fins et aigus dans une cloison, près de la cuisine, à toute saison. Un bruit lourd et sonore dans les combles, avec des courses et des cris, évoque un loir, un lérot ou une fouine. Des bruits en sous-sol ou dans le vide sanitaire, avec des rongements graves, évoquent un rat brun. L'heure, le lieu et la saison suffisent en général à trancher.
Comment distinguer une souris d'un rat au bruit ?
La souris produit de petits grattements rapides et aigus, comme un ongle sur du carton, et court dans les cloisons et les plafonds. Le rat brun est nettement plus lourd : ses déplacements s'entendent comme des pas, ses rongements sont graves et prolongés, et il reste au niveau du sol ou en dessous. Le rat noir, plus rare, grimpe et occupe les combles comme un loir, mais toute l'année.
Les bruits dans les combles cessent en hiver : qu'est-ce que c'est ?
Très probablement un loir ou un lérot. Ces deux rongeurs hibernent d'octobre-novembre jusqu'en avril, et leurs bruits — courses bruyantes, cris, chutes d'objets — s'arrêtent net avec le froid pour reprendre au printemps. Une souris ou un rat ne s'arrête jamais : un silence hivernal est donc un indice fort.
Peut-on tuer un loir ou un lérot dans son grenier ?
Le loir gris et le lérot ne sont ni chassables ni classés parmi les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, et ils ne figurent pas non plus sur la liste nationale des espèces protégées. Leur destruction n'entre donc dans aucun cadre légal, et le poison est de toute façon exclu. La seule méthode incontestable est l'exclusion : fermer les accès quand les animaux sont sortis, à la fin de l'automne ou au printemps, jamais pendant l'élevage des jeunes.
Du bruit dans les murs peut-il venir des voisins ?
Oui, et c'est fréquent en immeuble. Les colonnes techniques, les gaines et les faux plafonds propagent le son et servent de voie de circulation aux souris entre les logements. Des bruits sans aucune trace chez vous — ni crotte, ni rongement, ni odeur — désignent souvent un logement voisin ou les parties communes, et le signalement au syndic fait alors partie du traitement.
Sources
- Loir gris — fiche espèce — Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) , 2025
- Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés — Légifrance , 2007
- Code de l'environnement, article L. 427-8 — espèces susceptibles d'occasionner des dégâts — Légifrance , 2016