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Pièges à rats et à souris : lesquels, où, combien

Le piégeage échoue rarement à cause du piège. Il échoue parce qu'on en pose trois là où il en faut douze, au milieu de la pièce plutôt que le long du mur, et parce qu'on les déplace le surlendemain.

Par L'Observatoire des nuisibles Publié le 9 septembre 2026 Mis à jour le 9 septembre 2026

En bref

La tapette mécanique reste le piège le plus efficace, posée en nombre — une douzaine pour des souris en appartement — perpendiculairement au mur, palette côté mur, sur les trajets marqués par les crottes. Contre le rat brun, néophobe, on laisse les pièges non armés deux à trois jours avant de les activer tous la même nuit. Pièges à glu légaux mais cruels et non sélectifs ; ultrasons sans efficacité démontrée.

Les types de pièges, jugés sur pièces

PiègeEfficacitéPourContre
Tapette mécanique (bois ou plastique à mâchoires)ÉlevéeMort immédiate, résultat visible, réutilisable, coût faibleDoit être posée en nombre et au bon endroit ; à tenir hors de portée des enfants et des animaux
Piège électroniqueÉlevéeMort rapide, cadavre non visible, sûr pour les doigtsPrix, piles, un seul animal par vidage
Cage, nasse (piège vivant)MoyenneSans mise à mort, utile pour loirs et lérotsQue faire de l'animal ensuite ; relâché à proximité, il revient
Piège à seau (bascule)Moyenne à élevéeCaptures multiples, cave et grangeEncombrant ; noyade si le seau contient de l'eau, ce que nous déconseillons
Piège à gluMoyenneAucun avantage sur la tapetteAgonie longue, animaux non ciblés collés, poussière ; interdit dans plusieurs pays européens
UltrasonsNon démontréeHabituation en quelques jours, aucune portée à travers les cloisons, retarde le vrai traitement

Deux catégories concentrent donc l'essentiel : la tapette, dont le rapport efficacité-prix n'a jamais été dépassé, et le piège électronique, qui fait la même chose plus proprement. Le reste relève du cas particulier ou de la dépense inutile.

Où les poser

Les rongeurs longent les murs, moustaches au contact, et empruntent toujours les mêmes trajets. Un piège au milieu d'une pièce ne prend rien ; le même piège contre la plinthe prend la première nuit.

Combien en poser

C'est le facteur d'échec le plus courant. Une infestation de souris, même modeste, compte rarement moins de cinq à dix individus, et chaque souris parcourt un petit territoire. Trois pièges pour un appartement en couvrent une fraction.

1 piège par mètre le long des murs de la zone active, soit une douzaine de tapettes pour une cuisine et ses abords : c'est le nombre, pas le modèle, qui fait le résultat Source : Recommandations des programmes de lutte intégrée (UC IPM)

Pour un rat, on pose moins de pièges mais on choisit des modèles au calibre adapté — une tapette à souris blesse un rat sans le tuer — et on les concentre sur deux ou trois trajets sûrs.

Les appâts

Une pointe de couteau suffit. Un gros morceau permet de manger sans déclencher. Et si le rongeur consommait déjà quelque chose chez vous — croquettes, céréales —, utilisez cet aliment : il est déjà accepté.

Le cas du rat : vaincre la néophobie

Le rat brun évite pendant plusieurs jours tout objet nouveau sur son trajet. C'est un trait documenté depuis des décennies et il explique la plupart des échecs : le piège posé le lundi n'est approché que le vendredi, on l'a déplacé le mercredi, et le compteur repart à zéro.

  1. Jours 1 à 3 : posez les pièges non armés, appâtés, aux emplacements définitifs. Ne les touchez plus.
  2. Quand l'appât disparaît deux nuits de suite, réappâtez et armez tous les pièges la même nuit. Le rat a accepté l'objet ; la première nuit armée est la plus productive.
  3. Manipulez avec des gants : l'odeur humaine n'empêche pas la capture, mais elle n'aide pas.
  4. Ne déplacez rien avant une semaine sans capture.

Pièges vivants : capturer, puis quoi

La cage a un seul vrai domaine : les animaux qu'on ne veut ou ne peut pas tuer, comme le loir et le lérot, dont nous détaillons le statut dans le guide sur les bruits dans les murs. Pour une souris domestique ou un rat, deux réalités s'imposent : relâché à moins de quelques centaines de mètres, l'animal revient ; relâché plus loin, il est déposé chez quelqu'un d'autre ou dans un milieu où il ne survit pas. Une cage oubliée un week-end est, elle, une mort lente. Si vous choisissez la capture vivante, relevez les cages matin et soir.

Après la capture

Questions fréquentes

Quel est le piège le plus efficace contre les souris ?

La tapette mécanique, à condition d'en poser beaucoup — une douzaine pour une infestation ordinaire en appartement, jamais deux ou trois —, perpendiculairement aux murs, la palette côté mur, sur les trajets repérés grâce aux crottes. Appâtée au beurre de cacahuète ou au chocolat, avec un peu de coton pour le nid, elle capture la plupart des souris la première nuit. La souris est curieuse : elle explore vite un objet nouveau.

Pourquoi les rats ne vont-ils pas dans les pièges ?

Parce que le rat brun est néophobe : il évite pendant plusieurs jours tout objet nouveau sur son trajet. La méthode consiste à poser les pièges non armés, appâtés, pendant deux à trois jours, jusqu'à ce que l'appât disparaisse, puis à les armer tous la même nuit. Déplacer les pièges au bout de quarante-huit heures parce qu'ils n'ont rien pris relance la méfiance à zéro.

Les pièges à glu sont-ils interdits en France ?

Non, à ce jour ils ne font l'objet d'aucune interdiction nationale, contrairement à la Belgique, à l'Espagne ou à l'Angleterre. Plusieurs propositions de loi ont été déposées en 2025 pour les interdire. Indépendamment du droit, ils infligent une agonie de plusieurs heures, capturent des animaux non ciblés — oiseaux, hérissons, chats — et n'apportent rien qu'une tapette ne fasse mieux. Nous ne les recommandons pas.

Les répulsifs à ultrasons fonctionnent-ils ?

Aucune étude indépendante n'a montré d'effet durable. Les rongeurs s'habituent en quelques jours, et les ultrasons ne traversent ni les murs ni les meubles : la zone couverte se limite à la pièce, en champ libre. Ils ne remplacent ni le colmatage ni le piégeage, et leur achat retarde le traitement.

Quel appât mettre dans un piège à rats ?

Le beurre de cacahuète est l'appât le plus efficace, suivi du chocolat, de la pâte à tartiner et des fruits secs. Pour un rat, un morceau de viande ou de poisson fonctionne aussi. Le fromage est un cliché : il sèche vite et attire moins. Une pointe de couteau suffit : un gros morceau permet à l'animal de manger sans déclencher. Utilisez, si possible, l'aliment qu'il consommait déjà chez vous.

Sources

  1. Questions écrites relatives à l'interdiction des pièges à colle contre les rongeurs (2025) — Assemblée nationale et Sénat , 2025
  2. Rodents: Integrated Pest Management — trapping guidance — University of California, Statewide IPM Program , 2024
  3. Restrictions d'usage des rodenticides anticoagulants — Réglementation biocides UE 528/2012 , 2026