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Mites alimentaires : que faire

Les petits papillons qui volent dans la cuisine ne mangent rien : ce sont leurs larves, cachées dans un paquet de farine ou de fruits secs, qui font les dégâts. Tuer les papillons ne sert donc à rien tant que le paquet d'origine est dans le placard.

En bref

La mite alimentaire est le plus souvent la pyrale indienne de la farine, dont une femelle pond jusqu'à 400 œufs. Seule la larve mange. Il faut jeter les paquets touchés, aspirer les recoins, passer quatre jours au congélateur à -18 °C les denrées douteuses et les ranger en bocaux de verre ou de métal. Pas d'insecticide.

Publié le par L'Observatoire des nuisibles.

Reconnaître la mite alimentaire

Le mot « mite » recouvre plusieurs papillons de nuit. Dans une cuisine française, le coupable est le plus souvent la pyrale indienne de la farine (Plodia interpunctella). Ses ailes repliées forment un petit fuseau d'environ un centimètre, et leur dessin la trahit : le tiers proche du corps est gris clair, les deux tiers extérieurs brun-roux à reflet cuivré. Elle vole le soir, souvent en zigzag, et se pose sur les murs et au plafond de la cuisine.

16 à 20 mm d'envergure pour la pyrale indienne de la farine, la mite alimentaire la plus courante, aux ailes bicolores gris et brun cuivré Source : University of Florida, IFAS Extension, EENY-026 (révisé en 2024)

D'autres espèces se rencontrent dans les placards :

EspèceReconnaîtreCe qu'elle attaque
Pyrale indienne
Plodia interpunctella
Ailes bicolores, gris puis brun cuivréFarines, céréales, fruits secs, noix, croquettes, graines pour oiseaux
Pyrale de la farine
Ephestia kuehniella
Plus grande (environ 25 mm d’envergure), ailes grises à lignes sombres en zigzagFarines, semoules et céréales
Pyrale du cacao
Ephestia elutella
Grise, envergure jusqu'à 17 mmChocolat, cacao, fruits secs
Alucite des céréales
Sitotroga cerealella
Petite, beige, 13 à 17 mm d'envergureGrains entiers (maïs, blé, riz) : la larve vit à l'intérieur du grain

Les signes ne trompent pas : des fils de soie dans un paquet, des grains ou des flocons collés en amas, de petites chenilles blanc cassé d'un peu plus d'un centimètre, et des cocons dans les angles du placard. Si l'insecte que vous voyez vit plutôt au fond des armoires, près des lainages, c'est l'autre famille : voir les mites de vêtements, qui se traitent tout autrement.

Le cycle, et pourquoi elles reviennent

L'adulte ne se nourrit pas et vit environ une semaine. Sa seule fonction est de s'accoupler et de pondre, directement sur ou dans la nourriture. Une femelle peut déposer jusqu'à 400 œufs. Les larves qui en sortent mangent, tissent une grande quantité de soie chargée de déjections et de mues, puis quittent souvent la denrée pour se nymphoser ailleurs : dans une rainure d'étagère, sous un rebord, au plafond. C'est pour cela qu'un placard vidé de ses paquets peut encore produire des papillons pendant des semaines.

400 œufs pondus au maximum par une seule femelle de pyrale indienne, sur ou dans la denrée ; l'adulte, lui, ne se nourrit pas Source : University of Florida, IFAS Extension, EENY-026

La vitesse du cycle dépend de la chaleur. De l'œuf à l'adulte, il faut environ 25 jours à 30 °C, 30 jours à 25 °C et 60 jours à 20 °C. Les générations s'enchaînent donc vite en été, ce qui explique les pics d'apparition de la fin d'été. Quand il fait plus frais, les larves du dernier stade peuvent entrer en diapause et attendre le printemps pour se nymphoser : un placard qui semble calme en hiver n'est pas forcément assaini.

25 à 60 jours de l'œuf au papillon selon la température : 25 jours à 30 °C, 30 jours à 25 °C, 60 jours à 20 °C Source : Purdue University Extension, E-223, Stored Product Pests: Indianmeal Moth (2018)

D'où elles viennent

Les mites alimentaires n'entrent presque jamais par la fenêtre. Elles arrivent avec les courses, dans un paquet contaminé avant l'achat, à l'état d'œufs ou de jeunes larves invisibles. Les sources les plus souvent négligées sont les croquettes pour animaux et les graines pour oiseaux, achetées en grand format et stockées longtemps, ainsi que les fruits secs, les épices, les céréales du petit-déjeuner et le chocolat.

Une fois dans la maison, elles passent d'un paquet à l'autre. Le carton, le papier et les sachets plastiques ne les arrêtent pas : les jeunes larves pénètrent même des emballages qui paraissent bien fermés.

Le protocole en une demi-journée

  1. Vider entièrement le placard touché et les placards voisins, sans exception, y compris les boîtes entamées depuis longtemps.
  2. Inspecter chaque denrée à la lumière : fils de soie, amas, larves, petits trous. Tout ce qui est touché part à la poubelle extérieure, dans un sac fermé, le jour même.
  3. Traiter les denrées douteuses par le froid ou la chaleur (voir ci-dessous) plutôt que de les jeter toutes.
  4. Aspirer les rainures, les trous de taquets, les charnières, le dessous des étagères et le plafond du placard, puis jeter le sac ou vider le bac dehors.
  5. Laver les surfaces à l'eau savonneuse ou au vinaigre blanc et laisser sécher portes ouvertes.
  6. Ranger désormais farines, céréales, fruits secs et croquettes dans des bocaux en verre, en métal ou en plastique épais à couvercle vissé.
  7. Surveiller avec un piège à phéromones relevé chaque semaine.

Congeler ou chauffer les denrées

Le froid et la chaleur tuent tous les stades, œufs compris, sans aucun produit. Les services de vulgarisation universitaires américains donnent des consignes voisines :

4 jours à -18 °C au congélateur suffisent à tuer œufs, larves et nymphes dans une denrée douteuse, sans insecticide Source : Purdue University Extension, E-37-W, Insect Pests of Home Stored Foods (2019)

Une précaution : la congélation tue mais ne nettoie pas. Une farine pleine de soie et de déjections reste à jeter. Le froid sert aux denrées sans signe visible mais qui ont partagé le placard d'un paquet infesté.

Pièges, huiles essentielles, insecticides

Les pièges à phéromones n'attirent que les mâles. Ils réduisent un peu les accouplements mais n'éliminent pas une infestation : ce sont des outils de mesure, à poser après le tri et à relever chaque semaine. Un piège qui reste vide plusieurs semaines est le meilleur signe que le problème est réglé.

Les huiles essentielles, le laurier ou la lavande n'ont pas d'effet démontré sur une infestation installée. Ils ne tuent ni les œufs ni les larves déjà dans la denrée.

Les insecticides sont déconseillés par les programmes de lutte intégrée pour tous les ravageurs des denrées : rien ne doit être pulvérisé dans un placard alimentaire, au contact d'aliments ou de surfaces qui les reçoivent. La méthode physique suffit, comme pour les fourmis, autre intrus fréquent de la cuisine.

Est-ce dangereux ?

Les mites alimentaires ne piquent pas, ne mordent pas et ne sont pas connues pour transmettre de maladie. Avaler par mégarde quelques fragments d'insecte n'est pas considéré comme nocif par les services universitaires qui les étudient. Il n'existe pas, à notre connaissance, d'avis de l'ANSES consacré à ces insectes.

Le vrai problème est la souillure : soie, déjections et mues abîment plus de nourriture que ce que les larves en mangent. Et une denrée stockée longtemps au chaud et à l'humidité peut développer des moisissures. Dans le doute, on jette : une farine ou des fruits secs envahis ne se « récupèrent » pas.

Pour comparer avec la mite des vêtements, et lire ce qu'il faut penser de la naphtaline, voir notre guide des mites.

Questions fréquentes

Mite alimentaire : que faire ?

Vider entièrement le placard, jeter tout paquet qui contient des larves, des fils de soie ou des grains collés, puis aspirer les rainures, les charnières et les angles où les larves se nymphosent. Les denrées saines passent dans des bocaux en verre ou en métal à couvercle vissé, ou quatre jours au congélateur à -18 °C si l'on a un doute. Un piège à phéromones sert ensuite à vérifier que les papillons ne reviennent plus.

Les mites alimentaires sont-elles dangereuses ?

Elles ne piquent pas, ne mordent pas et ne transmettent pas de maladie connue. Avaler par mégarde une larve ou des débris n'est pas considéré comme nocif par les services de vulgarisation universitaires. Une denrée envahie reste à jeter : les larves la souillent de soie, de déjections et de mues, et une denrée stockée au chaud et à l'humidité peut aussi développer des moisissures.

Pourquoi trouve-t-on des mites alimentaires dans un paquet fermé ?

Parce que la plupart arrivent déjà dans le paquet, sous forme d'œufs ou de jeunes larves, contaminé avant l'achat. Et parce que les jeunes larves traversent le carton, le papier et les sachets plastiques fins : elles pénètrent même des emballages qui semblent bien fermés. Seuls le verre, le métal ou un plastique épais à couvercle vissé les arrêtent.

Les larves de mites alimentaires, à quoi ressemblent-elles ?

Ce sont de petites chenilles, le plus souvent blanc cassé, parfois rosées, brunes ou verdâtres selon la denrée, d'environ 1,3 cm au dernier stade. Elles laissent des fils de soie partout où elles passent, collent les grains et les miettes en amas, et quittent la denrée pour se nymphoser plus loin, parfois sur une autre étagère ou au plafond du placard. C'est pour cela qu'on les trouve aussi hors des paquets.

Mite alimentaire ou mite des vêtements : comment faire la différence ?

Par l'endroit et l'aspect. La mite alimentaire vole dans la cuisine ; la pyrale indienne, la plus fréquente, a des ailes bicolores, gris clair près du corps et brun cuivré à l'extrémité. La mite des vêtements est petite, beige doré uniforme, et se cache au fond des armoires. Les deux ne mangent pas la même chose et ne se traitent pas de la même façon.

Comment se débarrasser des mites alimentaires naturellement ?

La méthode qui fonctionne est entièrement physique : tri, élimination des denrées touchées, aspiration, bocaux hermétiques, congélation ou chauffage des denrées douteuses. Les huiles essentielles et les feuilles de laurier n'ont pas d'effet démontré sur une infestation installée. Les insecticides sont à proscrire dans un placard alimentaire.

Sources8 références
  1. Indianmeal Moth, Plodia interpunctella (EENY-026) — University of Florida, IFAS Extension (T. R. Fasulo, M. A. Knox) , révisé en novembre 2024
  2. Pest Notes: Pantry Pests (publication 7452) — University of California, Statewide IPM Program (D.-H. Choe) , mars 2013
  3. Stored Product Pests: Indianmeal Moth (E-223) — Purdue University Extension (L. J. Mason) , novembre 2018
  4. Insect Pests of Home Stored Foods (E-37-W) — Purdue University Extension (L. J. Mason, T. J. Gibb) , juillet 2019
  5. Indianmeal Moth (HYG-2089-97) — Ohio State University Extension (W. F. Lyon), copie hébergée par l’État du Maine , 1997
  6. Mediterranean flour moth, Ephestia kuehniella — Washington State University, Pestsense , relu en décembre 2025
  7. Angoumois grain moth, Sitotroga cerealella — University of Florida, Department of Entomology and Nematology , 2005
  8. Ephestia elutella — fiche espèce — Julius Kühn-Institut (institut fédéral allemand de recherche sur les plantes cultivées) , non datée

Citer cette page Observatoire des nuisibles, « Mites alimentaires : que faire », mis à jour le 11 octobre 2026, https://observatoire-nuisibles.fr/mites/mites-alimentaires/